- 01 Comprendre le cycle de croissance des cheveux
- 1.1 Les trois phases du cycle pilaire
- 1.2 Ce qui influence réellement la croissance
- 02 Ce qui marche vraiment, et ce qui n’y change rien
- 03 Levier 1 — L’alimentation
- 04 Levier 2 — Le cuir chevelu
- 05 Levier 3 — Limiter la casse
- 06 Levier 4 — Le sommeil et le stress
- 07 Trois mythes à écarter
- 7.1 Couper les cheveux les fait pousser plus vite
- 7.2 La lune influence la pousse
- 7.3 Certains shampooings font pousser les cheveux
- 08 Une routine réaliste
- 09 Se former à la coiffure à Cannes
- 9.1 CAP Coiffure
- 9.2 Bac pro Métiers de la coiffure
- 9.3 Brevet Professionnel Coiffure (BP)
L'essentiel sur la pousse des cheveux
- La vitesse est d’environ 1 cm par mois, soit 12 à 15 cm par an. Elle est largement déterminée par la génétique et ne se modifie pas significativement.
- Ce qui se gagne réellement, c’est la longueur conservée : la plupart des chevelures qui « ne poussent plus » poussent normalement mais cassent au même rythme.
- Levier 1 — l’alimentation : corriger une carence change les choses ; un excès d’apport, non.
- Levier 2 — le cuir chevelu : c’est le terrain de la pousse, il se soigne comme une peau.
- Levier 3 — limiter la casse : chaleur, traction et frottement sont les trois causes mécaniques principales.
- Levier 4 — le sommeil et le stress : un stress intense peut déclencher une chute réactionnelle, généralement réversible.
- Mythe 1 : couper les cheveux ne les fait pas pousser plus vite.
- Mythe 2 : les phases de la lune n’ont aucun effet démontré.
- Mythe 3 : aucun shampooing n’accélère la croissance.
- Une chute durable ou localisée relève du médecin, pas du salon.
Comprendre le cycle de croissance des cheveux
Chaque cheveu suit son propre cycle, indépendamment de ses voisins — c’est pourquoi on ne perd pas toute sa chevelure d’un coup.Les trois phases du cycle pilaire
- La phase anagène : la croissance active. Le cheveu s’allonge d’environ 1 cm par mois. Cette phase dure de 3 à 6 ans et détermine la longueur maximale que vos cheveux peuvent atteindre. C’est le point clé : une phase anagène de 3 ans plafonne autour de 40 cm, quoi que vous fassiez.
- La phase catagène : une transition de quelques semaines pendant laquelle la croissance s’arrête et le follicule se rétracte.
- La phase télogène : un repos d’environ 3 mois, au terme duquel le cheveu tombe et laisse place à un nouveau cycle. Perdre 50 à 100 cheveux par jour est normal.
Ce qui influence réellement la croissance
Le patrimoine génétique détermine l’essentiel : la vitesse, la texture, et surtout la durée de la phase anagène. Les hormones la modulent — d’où les changements observés pendant une grossesse ou à la ménopause. L’âge ralentit progressivement le rythme. Les saisons jouent à la marge, la pousse étant légèrement plus rapide en été. Aucun de ces facteurs n’est modifiable par un soin. Ce qui l’est, en revanche, c’est tout ce qui se passe entre la sortie du cheveu et sa pointe — c’est-à-dire plusieurs années d’usure. Sur une chevelure de 40 cm, la pointe a environ quatre ans : elle a subi des milliers de lavages, de brossages et de séchages.
Ce qui marche vraiment, et ce qui n’y change rien
| Action | Effet sur la vitesse de pousse | Effet sur la longueur conservée |
|---|---|---|
| Corriger une carence alimentaire | Réel si carence, nul sinon | Réel |
| Prendre soin du cuir chevelu | Indirect | Réel |
| Limiter chaleur, traction et frottement | Aucun | Très important |
| Réduire un stress intense, dormir | Réel en cas de chute réactionnelle | Réel |
| Couper les pointes | Aucun | Réel : évite la remontée des fourches |
| Suivre les phases de la lune | Aucun | Aucun |
| Utiliser un shampooing « pousse » | Aucun | Variable, selon la douceur du produit |
Levier 1 — L’alimentation
Le cheveu est fait de kératine, une protéine. Une alimentation insuffisante en protéines, en fer ou en zinc dégrade la qualité de ce qui est produit à la racine — et cela se voit plusieurs mois plus tard, le temps que la portion concernée devienne visible. Les éléments qui comptent :- Les protéines : œufs, poisson, viande, légumineuses.
- Le fer et le zinc : une carence en fer est une cause fréquente de chute diffuse, en particulier chez les femmes.
- Les vitamines du groupe B, dont la biotine.
Sur les compléments alimentaires
Un complément corrige une carence ; il n’améliore rien en l’absence de carence, et certains apports excessifs ne sont pas anodins. Avant d’entamer une cure, en particulier en cas de chute installée, une prise de sang et l’avis d’un médecin sont plus utiles qu’un achat en ligne. Une esthéticienne ou un coiffeur ne prescrit pas de complément et ne diagnostique pas une carence.
Levier 2 — Le cuir chevelu
Le cheveu pousse dans une peau, et cette peau se soigne comme le reste. Un cuir chevelu irrité, décapé par des lavages trop agressifs ou au contraire encombré par des résidus, offre un terrain moins favorable.- Lavez avec un shampooing doux, en massant le cuir chevelu du bout des doigts — pas avec les ongles. La fréquence importe moins que la douceur du produit et du geste.
- Massez quelques minutes : le geste est agréable, active la microcirculation locale et ne présente aucun inconvénient.
- Espacez les produits occlusifs à la racine, silicones lourds et poudres coiffantes en particulier.
Levier 3 — Limiter la casse
C’est le levier le plus efficace, et de loin le plus négligé. Trois causes dominent.- La chaleur : sèche-cheveux à pleine puissance, lisseur et boucleur au-delà de 200 °C fragilisent durablement la fibre. Un protecteur thermique et une température modérée changent réellement l’état des longueurs.
- La traction : queues de cheval serrées, chignons portés tous les jours au même endroit, tresses trop tendues, élastiques à partie métallique. La traction répétée casse à mi-longueur et, à l’extrême, fragilise la racine. Varier la hauteur d’attache d’un jour à l’autre suffit à l’éviter — un point que nous détaillons dans notre article sur les techniques de chignon.
- Le frottement mécanique : démêler à sec sur cheveux emmêlés, frotter énergiquement avec une serviette éponge, dormir sur une taie rugueuse. Démêlez des pointes vers les racines, tamponnez plutôt que de frotter.
Levier 4 — Le sommeil et le stress
Un stress intense ou un choc — maladie, intervention, accouchement, régime sévère — peut faire basculer prématurément une proportion importante de cheveux en phase télogène. La chute survient alors deux à trois mois après l’événement, ce qui explique qu’on l’attribue rarement à la bonne cause. Cette chute réactionnelle est en général réversible : les follicules ne sont pas détruits et le cycle reprend. Le temps est le principal facteur, et il faut compter plusieurs mois.Trois mythes à écarter
Couper les cheveux les fait pousser plus vite
Faux, et pour une raison simple : la coupe intervient à la pointe, la croissance à la racine. Les deux ne communiquent pas. En revanche, couper régulièrement supprime les fourches avant qu’elles ne remontent le long de la fibre — et à ce titre, cela contribue bel et bien à conserver de la longueur. L’effet est réel, mais le mécanisme n’est pas celui qu’on croit.La lune influence la pousse
Aucun effet démontré. La croyance est ancienne et tenace, mais rien ne l’étaye.Certains shampooings font pousser les cheveux
Un shampooing agit quelques minutes, en surface, puis il est rincé. Il peut assainir le cuir chevelu et améliorer l’état des longueurs — ce qui est déjà beaucoup — mais il n’agit pas sur la vitesse de croissance. Méfiez-vous des promesses chiffrées : elles ne reposent sur rien.Quand consulter
Une chute brutale et massive, une zone dégarnie qui s’étend, un cuir chevelu douloureux, rouge ou squameux, ou des cheveux qui cassent de façon inhabituelle relèvent d’un avis médical — dermatologue ou médecin traitant. Un professionnel de la coiffure conseille sur l’entretien et repère une anomalie ; il ne diagnostique ni ne traite.
Une routine réaliste
Si l’on ne devait retenir que quatre gestes, ce seraient ceux-là : un shampooing doux avec un massage du cuir chevelu, un démêlage des pointes vers les racines sur cheveux humides et démêlés, une température de séchage modérée avec protecteur thermique, et une coupe des pointes tous les trois à quatre mois. C’est peu spectaculaire, et c’est précisément ce qui fonctionne. Sur une année, ces quatre gestes font la différence entre douze centimètres gagnés et douze centimètres poussés puis cassés. La structure du cheveu et le choix de la coupe qui lui convient sont traités à part, dans notre article sur la coupe adaptée à la forme du visage.Se former à la coiffure à Cannes
Le diagnostic capillaire, la connaissance de la fibre et les techniques de soin constituent le socle du métier de coiffeur. À l’IFP Cannes, à La Bocca, ils s’apprennent en alternance, du CAP au brevet professionnel.Nos formations coiffure